Je dis peut-être plein de bêtises dans ce qui suit, dans ce cas je m'en excuse, et j'espère qu'on saura me corriger. On a vu tout et n'importe quoi à propos de cette réforme, et je n'ai toujours pas vu d'explication claire de la part du gouvernement, toutes les annonces sont embrouillées dans un amas de jolies couleurs, mais sur le fond, on n'a pas une définition précise de la réforme.
Je pense que le collège avait clairement besoin d'une réforme. Mais pas celle-là. Pour moi, ce dont le collège a besoin, c'est de proposer un écartement des filières générales pour les élèves qui en ont besoin, parce qu'on va pas se mentir, le collège unique n'est pas fait pour tous, il y a des tas élèves pour qui on sait dès la 4[sup]ème[/sup] qu'ils ont besoin de faire quelque chose de concret et de moins théorique (et pour ça, merci à la 3[sup]ème[/sup] DP6 d'exister, dommage que les places y soient si chères...). Faudrait améliorer l'accès aux classes SEGPA aussi, parce que quand on exige qu'un élève ait au préalable subi un redoublement durant la primaire pour être admis en SEGPA, c'est faire perdre une année à certains pour rien.
Bref, cette réforme.
Concernant les langues anciennes, leur sauvegarde n'a été obtenue que grâce aux revendications nombreuses, il était bel et bien prévu qu'il soit remplacé totalement par l'EPI "langues et cultures de l'antiquité". Sachant que cet EPI était présenté comme un moyen d'ouvrir le latin à tous les élèves, mais avec quels professeurs ? On manque cruellement de profs de langues anciennes, donc c'est une belle blague de nous faire croire que tous les élèves feront du latin. Les contenus des EPI seront certes de manière générale dirigés par des programmes, mais il incombera aux administrations des établissements de choisir leur contenu :
Les nouveaux EPI seront une modalité explicite de mise en œuvre des programmes dans lesquels ils sont définis. Le conseil d'administration du collège, sur proposition du conseil pédagogique, déterminera les thématiques qui seront traitées dans les classes de 5e, 4e et 3e.
Bref, langues et cultures de l'antiquité, ce sera de l'étymologie peut-être, de la civilisation, peut-être de l'histoire des arts, mais très sincèrement, au niveau du latin en soi tel qu'on l'étudie au lycée et tel qu'il est évalué au bac, ça va être beaucoup plus faible, puisque bien que l'option soit conservée, son volume horaire est réduit d'une heure à chaque niveau.
Concernant les langues vivantes, je salue cette initiative, mais j'ai lu plusieurs fois que les heures créées en 5[sup]ème[/sup] seraient en partie supprimée les années suivantes ? Dans le même ordre d'idée, la suppression des classes européennes et bilingues est inutile, puisque dans des collèges comme celui où j'étais, ça signifie sans doute la mort de l'Allemand qui n'était proposé qu'en classe bilingue. Les classes européennes n'ont rien d'élitiste non plus à mon sens : certes, elles sont davantage composées de bons élèves, mais c'est une charge de travail en plus. Et si on va dans ce sens, à supprimer chaque filière jugée trop élitiste, on fait quoi ? On supprime la distinction entre bac général / techno / pro, on envoie tout le monde à la fac parce qu'il n'y a pas de sélection ?
L'accompagnement personnalisé obligatoire pour tous, je trouve ça réellement ridicule. Premièrement, parce qu'on manque de profs et de moyens, et donc, on va se retrouver avec des heures d'AP à 30 où les bons élèves s'ennuieront, et où les élèves en difficulté ne pourront pas recevoir toute l'aide dont ils ont besoin.
'Fin bref, c'est tout plein de trucs très jolis et qui semblent très pédagogiques dits comme ça, mais mis en place, ça aura jamais les effets escomptés, il suffit de regarder comment ça se passe pour les langues au lycée, parce que nos modalités d'épreuve pour les compréhensions et expressions orales sont vraiment bancales, mais c'est un autre sujet.